SI Finance

Les outils et les projets des directions financières : ERP, EPM, consolidation

Outils du DAF

Budget 2027 : reconstituer le coût réel de l'IA dans vos comptes

Suites bureautiques, options, notes de frais, usage facturé : la dépense d'IA échappe au contrôle de gestion. Où la chercher avant de bâtir le budget 2027.

La rédaction · 28 octobre 2026 · 3 min de lecture

Les arbitrages du budget 2027 se tiennent en ce moment dans la plupart des directions financières. Une ligne y reste difficile à chiffrer : la dépense d'intelligence artificielle. Dans une tribune publiée le 21 octobre par DAF Magazine, Yassine Bouaïcha, fondateur d'Ojja, en résume la raison : aucune facture ne donne le total.

Le constat concerne directement le contrôle de gestion et les responsables SI finance, qui consolident les coûts logiciels sans voir, la plupart du temps, ce qui relève de l'IA.

Cinq endroits où l'IA se paie

L'auteur recense cinq endroits par lesquels la dépense entre dans les comptes. Le premier est la suite bureautique elle-même : Gemini a été intégré aux offres Business et Enterprise de Google Workspace en janvier 2025, avec une hausse de prix au même moment, et Copilot Chat fait désormais partie de Microsoft 365.

Viennent ensuite les options payées à part, comme Copilot Business, puis les abonnements à des outils d'IA souscrits directement par les équipes. Le quatrième canal est la note de frais, où atterrissent les abonnements individuels. Le dernier est l'usage facturé au mois, celui des agents et des API, dont le coût suit le volume consommé et non le budget voté.

Résultat, selon la tribune : le contrôle de gestion n'en voit qu'une partie, éclatée entre plusieurs comptes et plusieurs fournisseurs. L'article cite aussi une donnée Microsoft selon laquelle 78 % des utilisateurs d'IA au travail apportent leurs propres outils.

La hausse Microsoft 365 arrive au renouvellement

Le cas Microsoft illustre le mécanisme. L'éditeur a annoncé le 4 décembre 2025 une hausse des prix de liste de ses abonnements Microsoft 365 à partir du 1er juillet 2026, dans le monde entier avec des ajustements par marché local.

Dans la même annonce, Copilot Chat gagne l'accès à la boîte de réception et à l'agenda, ainsi que des agents dans Word, Excel et PowerPoint. DAF Magazine relève que Microsoft cite l'IA parmi les raisons de la hausse, sans en chiffrer la part. Pour l'offre Business Standard aux États-Unis, le prix passe de 12,50 à 14 dollars par utilisateur et par mois.

Pour un client existant, la hausse s'applique au premier renouvellement après le 1er juillet. Autrement dit, une partie des contrats arrive à échéance pendant l'exercice 2027, et le nouveau tarif doit figurer dans le budget, même si l'outil ne change pas.

Les sièges inutilisés et la fenêtre de sept jours

Le second point de vigilance porte sur les licences payées mais non utilisées. La tribune retient le prix public français de Microsoft 365 Copilot Business : 18,20 euros HT par utilisateur et par mois en paiement annuel, pour 300 utilisateurs au plus. Trente sièges inutilisés représentent ainsi 6 552 euros HT par an.

Or ces sièges ne se rendent pas à tout moment. La politique d'annulation de Microsoft pour ses abonnements commerciaux limite l'annulation ou la réduction à sept jours après l'achat ou le renouvellement. Passé ce délai, la réduction attend l'échéance suivante.

Pour la direction financière, la date de renouvellement de chaque contrat devient donc une donnée de pilotage, au même titre que le montant. Rater la fenêtre engage une année de licences supplémentaire.

Quatre questions avant chaque renouvellement

L'auteur propose quatre questions à poser contrat par contrat. Quelles fonctions d'IA sont payées, et sur quels comptes ? Combien de sièges servent réellement ? Quand tombe chaque renouvellement, et qui décide avant cette date ? Qu'est-ce qui est facturé à l'usage, et avec quel plafond ?

La tribune ajoute que le sujet ne relève pas de la seule DSI, et que la direction financière ne peut pas reconstituer la dépense à partir des seules déclarations des équipes.

Ce que cela change pour vous

Pour un contrôleur de gestion, l'exercice ressemble à un rapprochement : partir du grand livre, des comptes fournisseurs logiciels et des notes de frais, puis identifier les lignes qui portent une fonction d'IA. Les rapports d'usage des consoles d'administration, comme ceux de Microsoft 365, donnent le nombre de sièges réellement actifs.

Pour un responsable SI finance, la piste concrète est un référentiel des contrats logiciels avec, pour chacun, la date d'échéance, la fenêtre de résiliation et le mode de facturation. C'est la condition pour arbitrer avant la date, et non après.

Le débat sur la valeur de l'IA, conclut l'auteur, ne peut pas être tranché tant que son coût total reste inconnu. Le budget 2027 est l'occasion de le poser sur des chiffres complets.

À lire aussi