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Cegid place des agents IA dans le contrôle financier des DAF

Virements notés par risque, marges négatives repérées, reporting en langage naturel : ce que Cegid a montré de ses agents IA pour la finance.

La rédaction · 24 octobre 2026 · 3 min de lecture

Deux cents virements à examiner avant la fin de la matinée, et le risque de laisser passer un RIB inhabituel ou un montant suspect. C'est le scénario retenu par Cegid pour présenter ses agents d'IA destinés à la finance, lors de Cegid Connections Enterprise, le 8 octobre 2026 au Palais Brongniart à Paris.

DAF Magazine a publié le 22 octobre le compte rendu de l'intervention de Mohamed Zaghou, directeur Marketing Produit de l'éditeur. Quatre usages y sont décrits, de la trésorerie au paramétrage de l'ERP.

Trésorerie : un score de risque par virement

Le premier agent examine chaque virement d'un lot et lui attribue un niveau de risque. Il produit ensuite une synthèse de la répartition des risques sur l'ensemble du lot. « Il va y assigner un score de risque sur chacune des lignes », résume Mohamed Zaghou.

Pour le trésorier, le travail change de nature. Au lieu de contrôler chaque ligne avec la même attention, il concentre son examen sur les opérations signalées. L'article prend soin de séparer les deux étapes : le score aide au contrôle, il ne garantit pas l'absence de fraude, et la validation du paiement reste un acte distinct.

Contrôle de gestion : les marges négatives repérées

Le même principe est décliné dans l'ERP pour le contrôle de gestion. L'agent parcourt les lignes de commande et repère des incohérences, par exemple des marges négatives. Le contrôleur analyse ensuite les opérations relevées et documente les cas particuliers.

Mohamed Zaghou situe cet usage dans l'« analyse de conformité » et la gestion des anomalies, et non dans l'analytique ou le reporting. La nuance compte pour une direction financière : l'agent ne remplace pas l'analyse des écarts, il trie en amont les lignes qui méritent un regard.

Reporting : interroger les données sans export

Le troisième agent permet d'interroger directement les données de l'application en langage naturel, sans enchaîner exports et retraitements dans Excel. L'exemple présenté porte sur l'analyse des notes de frais de l'année 2024.

L'utilisateur peut affiner sa question, descendre dans le détail ou modifier un graphique par une simple instruction. DAF Magazine rappelle toutefois que la qualité des données reste déterminante, et que vérifier les calculs et interpréter les résultats reste à la charge de l'utilisateur.

Des agents à configurer soi-même

Cegid a aussi présenté une bibliothèque qui permet de créer des agents pour des tâches précises. L'exemple retenu est le nettoyage d'un catalogue d'articles dans l'ERP. L'utilisateur rédige les instructions, teste l'agent sur un seul article, puis ajuste le paramétrage avant d'aller plus loin.

C'est la partie la plus proche du quotidien d'un responsable SI finance. Un agent de ce type se paramètre comme une règle de gestion : il faut formaliser précisément ce qu'il doit faire et contrôler ses résultats avant de l'appliquer à grande échelle, comme le souligne l'article.

Ce que cela change pour vous

Pour une direction financière équipée de Cegid, ces usages ouvrent trois questions pratiques avant tout déploiement. Qui définit les règles appliquées par les agents ? Qui valide leurs résultats ? Comment documenter les contrôles, pour l'audit interne comme pour les commissaires aux comptes ? DAF Magazine pose ces trois questions dans sa conclusion.

Sur la trésorerie, le score de risque peut s'insérer dans la procédure de validation des paiements existante, à condition de préciser ce qu'il advient d'un virement signalé : qui l'examine, dans quel délai, avec quelle trace. Sur le contrôle de gestion, la détection des marges négatives suppose des données de commande propres et des seuils définis avec les métiers.

L'article ne donne en revanche aucune date de disponibilité ni de calendrier de déploiement pour ces fonctionnalités. Pour un projet inscrit au budget 2027, reste à savoir auprès de l'éditeur ce qui est déjà livré, dans quels modules et à quelles conditions de licence.

Détecter n'est pas décider

Mohamed Zaghou défend une complémentarité entre l'outil et l'expert métier, avec des équipes qui travaillent « à l'unisson avec l'IA ». La conclusion de DAF Magazine va dans le même sens : un agent repère une anomalie en quelques secondes, mais il ne la résout pas.

Entre la détection et la décision, la responsabilité reste celle du DAF, qui ne peut pas la confier à un algorithme. Pour les équipes finance, l'enjeu des prochains mois sera moins la démonstration technique que l'écriture des règles, des seuils et des circuits de validation qui encadreront ces agents.

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