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Risque client : l'agent Joule de De Sangosse attend son prix

Un agent SAP qui classe le risque client et propose les relances, mais pas encore en production : ce que le cas De Sangosse dit aux équipes SI finance.

La rédaction · 23 octobre 2026 · 3 min de lecture

Un agent d'IA qui lit le poste clients dans S/4HANA, vérifie la solvabilité d'un tiers et propose une classe de risque : c'est le premier cas d'usage concret présenté par De Sangosse, fabricant de produits biophytosanitaires, lors d'un atelier de la convention USF le 14 octobre. LeMagIT le détaille dans un article paru le 22 octobre 2026.

L'agent donne des résultats, selon l'entreprise. Il n'est pourtant pas en production, faute d'accord sur la façon dont SAP facturera son fonctionnement.

Un assistant généraliste qui n'a pas pris

L'histoire commence en 2025. De Sangosse intègre alors l'assistant Joule à S/4HANA Cloud Private Edition, hébergé sur Azure. Un an plus tard, son DSI, Jean-François Judit, résume le bilan d'une formule : « ça a fait pschitt ».

Deux raisons sont avancées. Les utilisateurs connaissaient trop bien leur ERP pour avoir besoin d'un assistant en lecture seule, qui n'a finalement pas été déployé. Et les comptables craignaient que l'outil serve à les remplacer.

Le recouvrement comme terrain d'essai

Le DSI a relancé le sujet sur un périmètre étroit : la gestion du risque client, pour limiter les impayés. L'agent a été construit avec l'intégrateur STMS, en trois réunions de 30 minutes, à l'aide de Joule Studio, de l'interface Joule Copilot et d'un modèle de raisonnement.

Son fonctionnement est décrit précisément. L'agent lit les données SAP et la documentation interne de l'entreprise, préalablement vectorisée. Il les confronte à des données de solvabilité obtenues via le serveur MCP de Pappers, puis conseille sur la classification du risque et sur les relances.

Point notable pour un responsable SI finance : l'agent ne se contente pas de lire. Il peut écrire dans quelques champs de la base HANA afin de modifier la classe de risque d'un client. De Sangosse déclare une baisse des impayés, un meilleur délai moyen de paiement, des gains de productivité et des décisions plus rapides.

Le blocage : la facture des tokens

L'agent attend Joule Studio 2.0, que le DSI adopterait après une négociation sur la facturation des tokens. Côté éditeur, Olivier Nollent, à la tête de SAP France, reconnaît que SAP « essaie encore de trouver la tarification la plus adaptée ». Des outils de simulation comparant le gain d'un agent et son coût sont en cours d'évolution.

Véronique Hangard, chief business officer, évoque un modèle fondé sur les résultats pour certains clients, « pas forcément pour tout le monde ». SAP annonce aussi Joule Works, Joule Studio 2.0 et près de 400 agents d'ici la fin de l'année.

Le cas n'est pas isolé. Dans l'enquête menée par Verian auprès de 276 membres de l'USF, rapportée par LeMagIT, 9 % déclarent un cas d'usage d'IA sur les solutions SAP, et 56 % disent manquer de visibilité pour maîtriser les coûts.

Les données externes, sous surveillance

L'agent de De Sangosse croise des données SAP et une source extérieure. C'est précisément la zone que SAP dit vouloir mieux maîtriser : selon LeMagIT, les données ERP et les graphes de connaissances qui en sont tirés sont jugés fiables, mais l'apport de données « non SAP » augmente le risque d'erreurs.

L'éditeur encadre aussi l'accès par ses serveurs MCP : quotas d'appels d'API par jour ou par mois, inspection des sources, interdiction de l'API ODP RFC. Florian Hamon, expert données chez SAP EMEA, invoque la protection des serveurs et la responsabilité juridique de SAP.

Les questions à poser avant un projet similaire

Pour une direction financière tentée par un agent sur le crédit client, le cas fournit une liste de points à trancher. Qui valide une classe de risque modifiée par l'agent, et où la modification est-elle tracée dans l'ERP ? Quelles sources externes sont autorisées, et sous quels quotas d'appels ?

Côté budget, la ligne la plus incertaine reste la consommation de tokens. Tant que la grille de SAP n'est pas fixée, le calcul du retour sur investissement repose sur des hypothèses, ce qui pèse au moment de préparer les arbitrages 2027.

Reste la plateforme. Sébastien Faure, directeur général de STMS Solutions, estime qu'un client doit être prêt pour la Business Technology Platform avant de l'être pour Joule Studio 2.0. Le second agent de De Sangosse, lui, est développé sur Microsoft Copilot.

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